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Management et leadership

· 5 min de lecture

Résilience : accompagner ses équipes en période de crise

Jeune pousse qui sort d’un mur de briques

La résilience organisationnelle : fondation d’une culture solide

Installer une culture de la résilience prépare les collaborateurs aux aléas de la vie professionnelle. Encore faut-il savoir sur quoi elle repose.

Comprendre les racines de la résilience

Le mot vient de la physique, où il désigne la résistance d’un matériau aux chocs. En psychologie, la notion a été popularisée en France par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik. Parmi les travaux fondateurs figure l’étude longitudinale de la psychologue Emmy Werner, qui a suivi jusqu’à l’âge adulte les enfants nés en 1955 sur l’île hawaïenne de Kauai : une partie de ceux qui avaient grandi dans des conditions difficiles s’en étaient bien sortis, notamment grâce à des liens de soutien stables.

Pour l’entreprise, l’enseignement est double. La résilience n’est pas seulement une réponse à la crise : c’est une capacité qui se construit au quotidien. Et elle doit beaucoup aux relations. Chaque salarié possède des ressources pour surmonter les obstacles ; le rôle du manager est de les encourager et de les orienter vers des objectifs communs.

Encourager une communication ouverte

Il est essentiel de favoriser un climat où chacun peut s’exprimer librement. En temps de crise, la circulation de l’information devient décisive. Un dialogue régulier entre l’équipe et la direction réduit l’incertitude, et avec elle une bonne part du stress. La transparence du manager, y compris sur ce qu’il ne sait pas encore, renforce la confiance et incite chacun à partager ses idées comme ses préoccupations.

Valoriser l’adaptabilité

Face à l’incertitude, l’adaptabilité est une compétence précieuse. Elle se renforce par des formations ciblées, par l’appui de spécialistes quand c’est nécessaire, ou en encourageant les initiatives. Elle passe aussi par la reconnaissance des succès, même modestes, qui passent souvent inaperçus en temps de crise.

Le rôle de l’empathie

L’empathie est indispensable pour renforcer la résilience. Comprendre les difficultés de chacun, offrir du soutien, faire sentir aux collaborateurs qu’ils ne sont pas seuls : c’est souvent ce qui fait la différence. Dans une culture de la résilience, l’empathie doit être au cœur du management.

Stratégies de gestion pour un leadership résilient

Certaines pratiques de management aident à transformer les difficultés en occasions d’apprendre et de progresser.

Évaluer et ajuster les processus

Évaluer régulièrement ses processus internes permet d’en connaître les forces et les faiblesses avant que la crise ne les révèle. Quand elle survient, ces ajustements préalables font souvent la différence entre une organisation qui encaisse le choc et une autre qui vacille. Des processus révisés régulièrement permettent aussi de réagir avec souplesse aux changements extérieurs, avec l’appui des outils de conduite du changement.

Soutenir les compétences clés

Il s’agit d’identifier les compétences dont l’entreprise a besoin pour continuer à fonctionner, même en période de crise, et d’investir dans la formation continue. L’objectif : que les équipes possèdent non seulement les compétences techniques, mais aussi les compétences relationnelles et la capacité de décision, souvent négligées.

Favoriser l’engagement

L’engagement des salariés pèse lourd dans la résilience d’une entreprise. Offrir des perspectives de développement, faire en sorte que chacun se sente reconnu et associé à la mission de l’entreprise : un collaborateur engagé propose plus volontiers des idées et participe plus activement à la résolution des problèmes.

Promouvoir un leadership responsable

Un leadership responsable prend des décisions qui tiennent compte à la fois des objectifs à court terme et de leurs effets à long terme sur les équipes. En période de crise, il suppose aussi d’admettre ses incertitudes sans renoncer à fixer un cap : c’est tout l’enjeu d’un leadership authentique, qui assume sa part de vulnérabilité. Un manager qui inspire confiance et respect entraîne ses collaborateurs à adopter la même attitude.

Gérer le stress collectif et individuel

En période de crise, le stress peut se généraliser et toucher à la fois les personnes et le collectif. Savoir le gérer est essentiel pour préserver la santé des équipes, et avec elle la qualité du travail. En France, c’est d’ailleurs une obligation : l’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé physique et mentale des salariés (article L4121-1 du Code du travail).

Identifier les sources de stress

Il faut d’abord repérer les principales sources de stress qui pèsent sur l’équipe. Qu’elles soient externes (contexte économique ou social) ou internes (charge de travail, relations entre collègues), les identifier est la condition pour agir.

Mettre en place des solutions collectives

Des mesures collectives aident à réduire la pression : aménagement des horaires, recours au télétravail quand c’est possible, ateliers de gestion du stress. Bien pensées, elles allègent la charge ressentie par chacun tout en entretenant la solidarité.

Accompagner individuellement

L’accompagnement individuel a toute son importance. Proposer à certains collaborateurs des séances de coaching ou de tutorat permet d’adapter l’approche aux besoins de chacun ; le recours à un coach professionnel offre en particulier un espace pour prendre du recul. Quand la détresse dépasse ce cadre, il faut orienter la personne vers la médecine du travail ou un professionnel de santé.

Promouvoir le bien-être

Le bien-être se construit aussi dans la routine : pauses régulières, activité physique, organisation du temps qui préserve l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

Renforcer l’organisation par l’innovation et la flexibilité

Au cœur de la crise, l’innovation et la flexibilité peuvent devenir de puissants leviers pour renforcer l’organisation.

Favoriser une culture d’innovation

Une culture d’innovation aide à garder une longueur d’avance. Il s’agit d’encourager l’expérimentation, même si elle conduit parfois à l’échec : l’essentiel est d’apprendre de chaque expérience pour progresser.

Privilégier l’agilité organisationnelle

L’agilité est la capacité d’adapter sa stratégie à l’évolution des circonstances. Une organisation plus agile répond plus efficacement aux changements, qu’ils soient soudains ou progressifs.

Encourager une collaboration transverse

En période de crise, le fonctionnement en silos devient un obstacle majeur. La collaboration entre services stimule l’innovation et fait circuler l’information. Elle oblige aussi à faire travailler ensemble des personnes aux styles très différents, que la pression a tendance à opposer : savoir faire collaborer les Rouges et les Verts, pour reprendre le code couleur souvent associé au DISC, devient alors un vrai atout.

Utiliser la technologie à son avantage

Les outils numériques peuvent eux aussi renforcer la résilience : dématérialisation des processus, exploitation des données, voire recours à l’intelligence artificielle. Ils ne valent toutefois que s’ils sont bien adoptés par les équipes, et ne remplacent pas le lien humain.

Tenir le cap, ensemble

Au cœur de la tempête, garder le cap exige une résilience solide. En cultivant une culture d’entreprise dynamique et solidaire, le manager prépare ses équipes à affronter l’avenir avec confiance. Chaque crise peut devenir l’occasion de consolider ses fondations et d’innover. En restant attentif aux besoins de ses collaborateurs et en privilégiant une approche proactive et souple, il aide son organisation non seulement à tenir, mais aussi à se développer dans un monde complexe.